OriginesLe grand aïoli : un plat, pas seulement une sauce
En Provence, le grand aïoli est né d'une cuisine de ménage : des produits simples, peu coûteux, que l'on trouvait partout. La morue salée se conservait des semaines dans le garde-manger, les légumes venaient du jardin, les œufs du poulailler. Il suffisait d'un mortier, de quelques gousses d'ail et d'une bonne huile d'olive pour transformer ces ingrédients modestes en un repas de fête.
Il était longtemps associé au vendredi, jour maigre où l'on mangeait du poisson plutôt que de la viande, puis aux grandes tablées du dimanche et aux fêtes de village de l'été. Dans bien des communes provençales, on organise encore des « aïolis » géants où tout le village s'assoit à la même table.
C'est cette dimension partagée qui fait l'âme du plat. Personne n'a son assiette composée d'avance : on pose un grand plat au centre, on fait circuler la sauce, chacun pioche ce qu'il aime. Le grand aïoli se mange lentement, en discutant, et il prolonge naturellement le repas.
Cette philosophie rejoint notre cuisine maison : des produits frais, travaillés simplement, servis dans une ambiance conviviale où l'on prend le temps.